Campagne pétition petits sacs
PÉTITION: démocratie et déchets
L'Île de Montréal traverse une crise des déchets solides qui est probablement sans précédent dans son histoire. Les décisions concernant la gestion, la collecte, le traitement et l'élimination des déchets se font un rythme effréné sans aucune préoccupation des besoins et des intérêts des citoyens et des citoyennes. De plus, ces décisions risquent non seulement d'affecter directement notre santé et notre qualité de vie environnementale, mais elles risquent également de nous coûter très cher comme contribuables.
Avant d'aborder les pistes de solutions à cette crise, faisons brièvement état de cette situation si lamentable. En mai 1999, la Ville de Montréal veut interdire les petits sacs de déchets et, pour ce faire, propose d'embaucher 18 "inspecteurs" des sacs verts (avec 2 officiers de liaison et quatre agents de bureau) un coût supplémentaire aux contribuables pour la seule année 1999 de 865 100 $. De plus, la Ville de Montréal estime obtenir une augmentation du nombre de constats d'infraction qui permettront de créer des recettes de 200 000 $. Pour certaines personnes, le terme utilisé par la Ville de "recettes" est, en réalité, un euphémisme pour "taxe déguisée".
La Ville de Montréal a proposé, à l'automne 1998, de dépenser jusqu' à 12 millions $ annuellement d'argent des contribuables afin d'exporter ses déchets en dehors de l'le. Pour le sud-ouest, cela implique la construction d'un centre de transbordement de déchets et le passage de plusieurs camions de déchets proximité de l'école primaire Marie de l'Incarnation, rue De l'église.
La Ville de Montréal appui l'aménagement d'un golf et d'un projet résidentiel sur un ancien dépotoir sans aucune étude d'impact environnemental. Les impacts environnementaux des biogaz qui s'échappent d'un site d'enfouissement continuent 25 ans après sa fermeture et les impacts des eaux de ruissellement sont contaminés, eux, pour 100 ans après la fermeture. Pourtant, la Ville s'implique à un coût d'environ 20 millions $ afin d'assumer "les cotûs reliés à la fermeture adéquate du site d'enfouissement et à la mise en place d'infrastructures" (A. Desroches, L'est l'heure de la synergie, juin 1999).
L''aménagement du golf et du projet résidentiel va affecter négativement le parc nature de la Pointe-aux-Prairies. De son côté, la Régie intermunicipale de gestion des déchets de l'île de Montréal (RIGDIM), qui regroupe les municipalités de l'île de Montréal(sauf Montréal Nord) concernant la gestion des déchets, propose d'abandonner, dès l'an 2000, la collecte des résidus domestiques dangereux. En faits, concernant l'exportation des déchets, la Ville de Montréal suit l'exemple de la RIGDIM dont plus de deux tiers des déchets sont exportés en dehors de l'île. À la dernière réunion de la RIGDIM, Mme Eloyan a demandé un de nos membres concernant l'exportation des déchets: "Que pouvons nous faire avec les déchets? Les manger?". M. Jean Doré avait dit exactement la même chose en 1994...
La situation actuelle est donc un fouillis d'actions et de gestes par des élu(e)s qui ne veulent rien savoir de la population. Pourtant, si il y a un enjeu environnemental qui nécessite la participation du plus grand nombre, c'est bien celui des déchets. Action RE-buts, la coalition montréalaise pour une gestion écologique et économique des déchets, travaille maintenant depuis près de 10 ans à transformer les déchets en ressources.
Nous avons collaboré avec la Ressourcerie de Montréal, à répondre aux besoins de la population pour trois ans, de 1995 à 1998. Lorsqu'il est venu le temps d'obtenir des appuis financiers de la Ville de Montréal et de la RIGDIM, nous avons été tout simplement ignorés. Et ce en dépit du fait que la Ressourcerie avait réussi à transformer en ressources plus de 100 tonnes de déchets annuellement tout en desservant des milliers de personnes.
La Ville préfère investir des millions dans sa police verte, son golf et, bien sûr, dans l'exportation plutôt que d'investir dans les vraies solutions à partir de la réduction, la réutilisation et le recyclage-compostage (les 3R). En faits, plus de 80% de nos soi-disant déchets sont potentiellement récupérables. Avant d'embaucher des policiers, avant de procéder à un golf sans études d'impact et avant d'exporter à coup de millions, ne serait-il pas temps d'entreprendre une recherche réelle de solutions en vue, d'abord, de réduire la masse des déchets et, ensuite, de voir réutiliser, recycler et composter la maximum qui reste? Non seulement cela est viable sur le plan santé et environnement, mais c'est aussi important sur le plan de la création d'emplois durables sur l'île.
Ce ne sont pas uniquement les citoyens, les citoyennes et les groupes environnementaux qui exigent une plus grande participation. En effet, le gouvernement du Québec, dans son Plan d'action sur la gestion des matières résiduelles 1998-2008 exige: "élaboration obligatoire de plans de gestion des matières résiduelles" (Action 1) et "mise en place, par les autorités municipales, de mécanismes de consultation de la population sur l'élaboration et le suivi des plans de gestion des matières résiduelles" (Action 3). De plus, la Ville de Montréal et la RIGDIM refusent toujours de travailler avec la coalition Action RE-buts en vue de rouvrir la Ressourcerie de Montréal, un projet d'économie sociale dont le gouvernement du Québec fait une priorité dans son plan d'action sur la gestion des matières résiduelles (Action 7).
Enfin, mme le Vérificateur de la Ville de Montréal, dans son rapport du 31 décembre 1998 dit: "nous recommandons que le Service des travaux publics et de l'environnement s'assure d'élaborer, de mettre en place et de suivre un nouveau plan d'action de la gestion des matières résiduelles domestiques incluant les actions à mettre en oeuvre, les échéanciers et les responsables afin d'orienter ses activités vers l'atteinte des objectifs mesurables qu'il aura établis" (p.4.3.32).
La seule solution à la crise des déchets est un processus de consultation public et démocratique, qui offre des ressources aux citoyens et aux citoyennes et aux groupes environnementaux afin d'examiner les budgets, les objectifs et les contrats que les élu(e)s continuent mettre de l'avant en catimini.
La question principale doit devenir: comment pouvons-nous travailler ensemble afin d'élaborer un plan d'action des matières résiduelles pour l'île de Montréal qui maximise la réduction, la réutilisation et le recyclage-compostage, qui encourage la plus grande participation du public à la rédaction et au suivi du plan et qui minimise la pollution et les risques à la santé?
La réponse à cette question inclurait certainement une analyse approfondie des impacts environnementaux et économiques concernant l'aménagement du golf et de résidences sur l'ancien dépotoir de l'est de l'île et concernant l'exportation des déchets de l'île. La réponse inclurait également l'étude de la mise sur pied de ressourceries Montréal, ces entreprises d'économie sociale de récupération et dont les investissements du niveau provincial doivent commencer incessamment.
Nous croyons qu'il est temps d'agir. Si nous laissons la crise des déchets dans le sac, nous sommes voués à perpétuer un système de pollution néfaste à la santé qui ne fait que garantir des profits aux grosses compagnies de déchets. Pour sortir la crise des déchets du sac, nous demandons aux citoyens et aux citoyennes de l'île de Montréal de se joindre à nous afin d'exiger la tenue d'un débat public et démocratique, première étape à la prise de solutions viables et durables.
Nous vous prions de signer notre pétition pour la campagne des Petits sacs





