2002 à 2005 - Cohésion communautaire et gestion écologique des déchets-ressources

CohÈsion communautaire et gestion Ècologique des dÈchets-ressources dans la rÈgion mÈtropolitaine de Recife, au nord-est du BrÈsil

Ce projet a ÈtÈ dÈveloppÈ par líAssociation Pernamboucaine de DÈfense de la Nature l'ASPAN (AssociaÁ“o Pernambucana de Defesa da Natureza) en coopÈration avec Action RE-buts depuis juin 2000 avec líappui financier de líAgence Canadienne de DÈveloppement International (ACDI).

Son principal objectif est díaborder de maniËre efficace les problËmes urbains en relation avec la gestion des matiËres rÈsiduelles. Le projet contribue ý líamÈlioration de la qualitÈ de vie des communautÈs et particuliËrement des Catadores qui ramassent les matÈriaux recyclables ý mÍme les sites díenfouissement et les revendent pour assurer leur survie.

Chaque annÈe, depuis 2002, des coopÈrants canadiens se rendent ý Recife dans le cadre du Programme de Stages Internationaux pour les Jeunes (PSIJ) de LíACDI. Le PSIJ fait partie du volet ´Objectif CarriËre ª de StratÈgie Emploi Jeunesse (SEJ).

Le volet international du projet s'est dÈroulÈ principalement dans la rÈgion mÈtropolitaine de Recife, dans l'Etat du Pernambouc dans la rÈgion Nord-Est du BrÈsil . Vous pouvez aussi visiter le site web de l'ASPAN en portugais

Les problËmes urbains ý Recife (1,5 millions habitants)

Des problËmes environnementaux

Chaque jour, 2600 tonnes de dÈchets domestiques sont produits ý Recife. Seulement 2000 tonnes de dÈchets sont ramassÈs via la collecte de dÈchets de la municipalitÈ : une partie de la population níest pas desservie par le systËme de collecte de dÈchets. Une part des 600 tonnes non collectÈes aboutit dans les riviËres, les canaux pluviaux, les rues, sur les plages. Líautre partie des matiËres rÈsiduelles (200 tonnes) est rÈcoltÈe par les Catadores.

On compte plus de 2000 Catadores qui travaillent chaque jour dans les lieux díenfouissement contrÙlÈs (LEC) de Muribeca. Ces lieux sont en opÈration depuis 1984. Dans ces LEC, le systËme de captation des biogaz est dÈsuet et líexploitation simultanÈe de plusieurs cellules díenfouissement engendre des problËmes de dÈnivellation de terrain, díaccumulation de lixiviat (liquide provenant des dÈchets), díodeurs et de transport des rÈsidus par le vent. Rappelons que seulement 30 % du lixiviat est rÈcoltÈ, traitÈ et quíil pollue directement les cours d'eau environnants.

Pollution de la riviËre Capibaribe

Le Capibaribe, une des riviËres principales de Recife, est malheureusement trËs polluÈe par les dÈchets et le dÈversement des eaux usÈes des habitations. Le Capibar, un cafÈ alternatif qui travaille de prËs avec la communautÈ riveraine a fait une campagne de nettoyage d'une partie la berge et a pu ramasser 250 tonnes de dÈchets en deux semaine en juillet 2001. Le Capibar a aussi rÈalisÈ un inventaire des dÈchets qui ont ÈtÈ retirÈs d'une partie de la riviËre adjacente au cafÈ de septembre 1999 ý mai 2000. La quantitÈ et la nature des dÈchets retirÈs sont impressionnantes mais ne reprÈsentent qu'une infime partie du phÈnomËne :

  • 71 animaux morts dont 12 chevaux, 9 porcs et 22 chiens
  • 42 sofas, 40 tables
  • 540 ventilateurs
  • 230 couvercles de siËge de toilette et 20 siËges de toilette
  • 40 poussettes d'enfants
  • 18 rÈfrigÈrateurs ou congÈlateurs, 16 tÈlÈviseurs et 4 machine ý laver
  • 820 pneus

Visitez aussi Recapibaribe (Mouvement pour l'amÈlioration de la riviËre)


Cheval mort abandonnÈ dans le Capibaribe

 


Divers meubles et objets rÈcupÈrÈs de la riviËre

Photos tirÈes du site Projeto Recapibaribe

L'exemple de la riviËre Capibaribe illustre bien l'ampleur du problËme de la gestion des dÈchets dans la rÈgion mÈtropolitaine de Recife, mais ce n'est qu'un aspect du problËme. Selon l'Atlas de l'environnement du BrÈsil, en 1994, seulement 34% des municipalitÈs brÈsiliennes disposaient d'un service de collecte de dÈchets, les 66% restant Ètaient abandonnÈs dans les canaux pluviaux, les cours d'eau et les terrains vacants. Des dÈchets collectÈs (34%), moins du quart Ètait acheminÈ vers des sites d'enfouissement. Le reste Ètait disposÈ dans des dÈpotoirs ý ciel ouvert. Qui plus est, des 12 000 sites o˜ les municipalitÈs disposaient de leurs dÈchets, 63 % se trouvent dans les lits de cours d'eau, contribuant tout autant ý leur pollution que les dÈchets qui y sont jetÈs directement. Selon l'ASPAN, dans la rÈgion mÈtropolitaine de Recife, la solution ne se serait que lÈgËrement amÈliorÈe depuis la publication de l'Atlas en l'environnement en 1994. Notre expÈrience ý la riviËre Capibaribe et les accumulations importantes de dÈchets que nous avons vues dans les canaux pluviaux et sur des terrains vacants au cours de la visite au BrÈsil tendent ý confirmer ce constat. Par ailleurs, mÍme lorsqu'ils sont disposÈs dans des sites d'enfouissements dit "contrÙlÈs", les dÈchets occasionnent d'importants prÈjudices ý l'environnement (voir encadrÈ ci-dessous).

La gestion des dÈchets dans un mÈga-site d'enfouissement brÈsilien

Le tableau suivant montre la diffÈrence dans la composition des matiËres rÈsiduelles enfouies entre un site d'enfouissement de MontrÈal et de Recife. La proportion de matiËres organiques reprÈsente un problËme environnemental important puisque la production de lixiviat et de biogaz augmentent selon la quantitÈ de matiËres organiques en dÈgradation. Une visite dans un mÈga-site d'enfouissement nous a permis d'apprÈcier un autre aspect de la problÈmatique de gestion des matiËres rÈsiduelles de la rÈgion mÈtropolitaine de Recife. Le site d'enfouissement visitÈ, en opÈration depuis 1984, reÁoit quotidiennement 3 000 tonnes de matiËres rÈsiduelles. Ces matiËres sont disposÈes dans des cellules faisant 200m par 200m par 30 ý 35m de hauteur. Ces cellules ne disposent pas de membrane impermÈable ý la base, ni de systËme de captation du lixiviat. Les cours d'eau environnants sont par ailleurs fortement polluÈs par ce lixiviat. La seule mesure de contrÙle environnemental en place est la captation et la combustion d'une partie des biogaz.

MatiËres rÈsiduelles Recife MontrÈal
MatiËres organiques (sauf papier) 63 % 33 %
Papier 12 % 31 %
MÈtal 2 % 4 %
Plastique 7 % 6 %
Verre 5 % 6 %
Autres matiËres rÈsiduelles 11 % 20 %
100 % 100 %

Une fois complÈtÈes, les cellules subissent une inoculation bactÈrienne rÈpÈtÈe afin d'accÈlÈrer la dÈgradation, ce qui augmente encore davantage la production de lixiviat et de biogaz. Gr’ce ý cette dÈgradation accÈlÈrÈe, les responsables du site prÈvoient excaver ý nouveau les cellules aprËs 5 ý 8 ans pour en extraire les matiËres recyclables restantes et du compost. Le problËme avec cette approche est que le compost produit est contaminÈ par les autres matiËres avec lesquelles il a ÈtÈ en contact dans le site d'enfouissement et les matiËres recyclables sont Ègalement contaminÈes, donc de moindre valeur. Au milieu de cet environnement, travaillent des centaines de catadores, hommes, femmes et enfants, qui font la collecte des matiËres recyclables.

 

Des problËmes sociaux

L'UNICEF estime ý 200 000 le nombre de Catadores au BrÈsil, dont 42 000 seraient des enfants. (Sýnchez S.Edgar, UNICEF CrianÁa e educaÁ“o ambiental duas experiancias brasileiras, 1994). Cette classe de travailleurs sans reconnaissance gouvernementale est exclue socialement. Leurs conditions de travail sont pitoyables et ils travaillent gÈnÈralement sans protection (gants, bottes, etc.).

Il existe trois types de Catadores au BrÈsil :

  1. ceux que líon retrouve dans les dÈpotoirs et les lieux díenfouissement contrÙlÈs;
  2. ceux qui travaillent dans la rue, principalement en fouillant dans les sacs ý ordures avant la collecte des dÈchets;
  3. ceux qui ramassent les matÈriaux recyclables le long des riviËres et des canaux pluviaux.

Des problËmes Èconomiques

¿ Recife, líadministration engage quotidiennement des travailleurs pour effectuer le nettoyage des lieux publiques (bien souvent transformÈs en poubelle). Ce qui síajoute aux frais de la collecte des dÈchets estimÈs ý R$ 8 000 000 (4 000 000 $CAN) en moyenne par mois.

Des problËmes de santÈ

Dans la rÈgion mÈtropolitaine de Recife, 80% des habitations rejettent leurs effluents domestiques dans les canaux pluviaux ý ciel ouvert ou directement dans les riviËres. Líeau níest plus potable et les populations les plus pauvres la boivent, y pÍchent et síy baignent.

ProblËmes :

  1. PrÈsence de vecteurs de maladies tels que des rats, des coquerelles, des mouches, etc.;
  2. Transmission de la bilharziose au contact avec la peau;
  3. ProlifÈration de la filariose lymphatique qui se transmet par les moustiques;
  4. ProlifÈration de maladies comme la dengue qui peut Ítre mortelle.

Les Catadores et les populations plus pauvres courent davantage de risques de contracter ces maladies.

Le projet ´ CohÈsion Communautaire pour une Gestion Šcologique des RÈsidus-Ressources dans la RÈgion MÈtropolitaine de Recife ª propose une approche divisÈe en 4 volets :

  1. Sensibilisation environnementale dans les communautÈs
  2. Projets-pilotes intÈgrateurs
  3. Travail communautaire avec les catadores
  4. Revitalisation d'infrastructures communautaires

Volet 1 : Sensibilisation environnementale dans les communautÈs

Pour la troisiËme annÈe consÈcutive, le Forum des communautÈs pour líenvironnement (FCMA) a permis ý des candidats de la rÈgion mÈtropolitaine de RÈcife de recevoir une formation et devenir des agents multiplicateurs díÈducation relative ý líenvironnement. Au programme : cours, activitÈs Èducatives, sÈminaires, visites et travail de terrain avec des Catadores dans le but díimplanter une collecte sÈlective et díeffectuer un travail de sensibilisation dans chacune des communautÈs choisies.

CommunautÈs choisies pour recevoir la formation:

En 2002 : Ch“o de Estrellas, Brasilit et Vila dos Casados
En 2003 : Cabo de Santo Agostinho, Camaragibe, Nova Descoberta et Dois Unidos
En 2005 : Jardim Eldorado, Vila Buruti et Pantanal
Autres : Apipucos, Carangueijo Tabaiaras, SÌtio do Berrardo
Associations et mouvements sociaux : Mouvement des Catadores, Retorne sua Vida, líassociation de catadores ARATAC et Mouvement Culturel Šveil du Peuple.


Deux activitÈs díanimation ont Ègalement ÈtÈ rÈalisÈes : ¿ líÈcole Recanto Feliz auprËs de jeunes ’gÈs de 9 ý 12 ans díune favela de Boa Viagem ý Recife et ý líÈcole Arisoto Nunes Martins ý Cabo de Santo Agostinho auprËs díadolescents de 14-15 ans.

Les objectifs Ètaient les suivants:

  1. discuter de questions concernant líenvironnement;
  2. expliquer la problÈmatique des dÈchets et la dÈfinition díun vrai dÈchet;
  3. parler de líimportance de la gestion Ècologique 3R (rÈduction, rÈutilisation, recyclage et compostage);

Des guides sur des approches communautaires et Ècologiques concernant la gestion des matiËres rÈsiduelles ont ÈtÈ produits ý líintention du grand public et pour les ÈlËves des Ècoles primaires.

Volet 2 : Projets-pilotes intÈgrateurs

Trois types de projets-pilotes ont ÈtÈ dÈveloppÈs pour ce volet :

  1. Semaine de la RÈduction des DÈchets
  2. Depuis 2002, cet ÈvÈnement a lieu ý Recife au mois díoctobre. La semaine de la rÈduction des dÈchets vise ý sensibiliser le grand public ý la problÈmatique des dÈchets et aux principes des 3R (rÈduction, rÈutilisation, recyclage-compostage). Elle se termine avec la Foire 3R o˜, en 2004, plus de soixante exposants ont participÈ et ont prÈsentÈ des alternatives concrËtes pour favoriser la prÈservation de líenvironnement. LíASPAN produit aussi un catalogue qui est remis ý chaque exposant, en plus díÍtre envoyÈ ý des Ècoles, bibliothËques, municipalitÈs, entreprises privÈes, organismes, etc..

  3. ModËle de gestion Ècologique dans le secteur privÈ
  4. une collecte sÈlective est rÈalisÈe par une association de catadores, ¿ líhÙtel MetrÛpolis du Groupe Accord de Recife. Des systËmes pour le contrÙle de la consommation díÈnergie et díeau ont aussi ÈtÈ installÈs et les employÈs de líhÙtel ont reÁu une formation sur la gestion Ècologique 3R.

  5. Compostage communautaire
  6. Ce projet-pilote vise ý sensibiliser les communautÈs sur les rÈsidus organiques qui reprÈsentent 63% des dÈchets ý Recife. En 2002-2003, plusieurs unitÈs de compostage communautaire ont ÈtÈ implantÈes. LíASPAN offrait une formation aux personnes intÈressÈes et elles pouvaient se crÈer une source de revenu supplÈmentaire en vendant le compost. En 2004-2005, líaccent a ÈtÈ mis sur líÈvaluation et le suivi du fonctionnement des compostiËres dÈjý existantes.

Volet 3 : Travail communautaire avec les catadores

Ce troisiËme volet vise la formation díassociations et de coopÈratives de catadores afin de rÈduire líexclusion sociale et díamÈliorer leurs conditions de vie, de travail et de santÈ. LíASPAN et díautres organismes non-gouvernementaux coordonnent le Forum DÈchet et CitoyennetÈ de líŠtat de Pernambuco (FLIC-PE) crÈe en 1998. Le FLIC-PE se donne pour objectif díÈradiquer le travail infantile, de contribuer ý líorganisation des catadores et de promouvoir líarticulation inter-municipale et inter-institutionnelle. Les participants du FLIC-PE se rÈunissent une fois par mois.Notons que les dÈpotoirs brÈsiliens seront bientÙt remplacÈs par des lieux díenfouissement sanitaires dont líaccËs sera dorÈnavant interdit aux catadores.

Les associations et les coopÈratives permettent de:

  • Implanter des collectes sÈlectives dans les communautÈs et de sensibiliser la population afin quíelle adopte de meilleures habitudes en regard du principe des 3R.
  • Effectuer un travail de porte-ý-porte et rÈcolter les matÈriaux recyclables prÈalablement lavÈs et sÈparÈs par la population.
  • Revendiquer une loi sur la collecte sÈlective qui deviendrait la responsabilitÈ des Catadores et non du privÈe ou du publique.
  • Faire reconnaÓtre la profession par líensemble de la sociÈtÈ et par le gouvernement.
  • Devenir propriÈtaires des propres dÈpÙts de matÈriaux et bÈnÈficier de meilleurs revenus en diminuant le nombre díintermÈdiaires qui achËtent et revendent les matÈriaux rÈcupÈrÈs.
  • Se procurer de líÈquipement et assurer sa protection au travail (lunettes, gants, pantalons, bottes, etc.)
  • Travailler moins directement avec les dÈchets et courir moins de risques díaccidents ou de contracter des maladies.
  • Contribuer ý rÈduire le travail infantile.

Les Catadores reprÈsentent plus de 200 000 personnes marginalisÈes au BrÈsil. Les associations de catadores rÈclament la reconnaissance de leur statut. JosÈ Cardoso, reprÈsentant des catadores du Pernambuco: ´ Je travaille en toute dignitÈ. JíÈtais sans emploi et pour subvenir aux besoins de ma famille, jíai choisi de travailler et de devenir catador pour gagner ma vie, au lieu de devenir trafiquant de drogue, de me prostituer ou de voler pour pouvoir survivre ª.

En 2005, une sÈrie díentrevues a ÈtÈ rÈalisÈe auprËs de femmes catadores qui ont travaillÈ ou qui travaillent encore au dÈpotoir Aguazinha ý Olinda. Ces entrevues ont permis de mieux connaÓtre leurs conditions de travail ainsi que les impacts du mÈtier sur leur santÈ :

  • On retrouve en moyenne 20% de femmes et 80% díhommes catadores dans les dÈpotoirs brÈsiliens.
  • Plusieurs femmes sont victimes de violence sexuelle.
  • Elles ont souvent plusieurs enfants ý leur charge et bien souvent, ont travaillÈ comme catador pendant leur(s) grossesse(s). Certaines femmes ont dÈjý accouchÈ ou se sont faites avorter dans le dÈpotoir.
  • Dans tous les cas, elles travaillent en contact avec des dÈchets biomÈdicaux, des dÈchets chimiques dangereux et des vecteurs de maladies comme des coquerelles, des rats, des mouches, etc. elles níont pas accËs ý un service de santÈ de qualitÈ; níayant pas les moyens de se payer un plan díassurances convenable.
  • Les maladies de peau et les douleurs articulaires sont les inconvÈnients du mÈtier tandis que la machinerie lourde et les rÈsidus coupants sont ý la source de la plupart des accidents.

Volet 4 : Revitalisation d'infrastructures communautaires

Une quarantaine díunitÈs de compostage communautaire ont ÈtÈ construites par la prÈfecture de Recife vers la fin des annÈes 80, mais aucun contrÙle ou suivi nía ÈtÈ effectuÈ. Ces compostiËres sont aujourdíhui abandonnÈes. Les cošts pour la construction de telles infrastructures varient de R$85 000 ý R$150 000 chacune. Le quatriËme volet vise la rÈactivation de ces unitÈs de traitement de dÈchets afin de dÈmontrer la viabilitÈ du compostage et la crÈation díemplois durables.

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